Avec les baisses d'aides de l'État, l'alternance est dans le flou

La Maison de l'Emploi et des Entreprises de Parthenay-Gâtine organisait, au palais des congrès de Parthenay, la 22ème édition de son salon de l'alternance. Un salon marqué par un contexte compliqué lié aux baisses des aides de l'État au profit de l'alternance.

Ce 22ème salon de l'alternance organisé par la Maison de l'Emploi et des Entreprises de Parthenay-Gâtine (MDEE) était plus clairsemé que les autres années. Une dizaine d'entreprises étaient présentes contre une vingtaine, il y a deux ans. En cause, le contexte national et international : "il y a une baisse significative depuis deux ans, depuis que les aides de l'Etat baissent aussi de façon significative" explique Vanessa Sénéchaud, chargée de projets à la MDEE. De 6 000€ en 2024, l'aide est passée, en mars 2026 à 5 000€ pour les PME de moins de 250 salariés et 2 000 euros pour les grandes entreprises. Le contexte géopolitique n'aide pas non plus les entreprises à faire le choix de l'apprentissage, "on les a relancé 3,4 fois mais pour le moment elles nous disent "je ne sais pas j'attends de voir". Avec le retard pris au sommet de l'État pour définir un budget clair, les aides ont été versées en mars. Une difficulté de plus pour "les petites entreprises. Il faut qu'elles calculent, pour voir si c'est faisable ou pas. L'augmentation de certains matériaux et des carburants impactent également les entreprises". 

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Plus de stages, moins de contrats d'apprentissage

Parmi les organismes de formation présents, les Maisons Familiales Rurales. Spécialisée dans la restauration, la MFR d'Argentenay accueille 120 élèves par an. Les baisses d'aides pourraient créer "une fragilité pour un public déjà fragile" , prévient Maud Chaudelet. "Un jeune qui choisit la voie de l'apprentissage c'est quelqu'un qui, soit à des difficultés scolaires, soit à besoin d'aide d'une aide complémentaire pour ses études. Les entreprises et les artisans ont besoin du soutien de l'Etat" réaffirme la directrice de l'établissement. Dans un secteur comme la restauration, la suppression de l'aide forfaitaire de 500€ permettant aux apprentis de passer le permis B est un autre frein à l'apprentissage. "On pousse les jeunes à passer le code et le permis. Avec les horaires atypiques de la restauration, si le jeune ne peut pas rentrer par lui-même à plus de 23h-minuit, ça devient compliqué". 

Plus globalement, "l'apprentissage stagne" résume Rémi Douat. Selon le journal le Parisien, le nombre de contrats d’apprentissage à baissé de 5 % entre 2024 et 2025 en France. De son côté, le directeur adjoint de la fédération des MFR du Poitou note une évolution, "la partie stage revient à la hausse, c'est moins d'engagement pour une entreprise de prendre en stagiaire sur 7 ou 8 semaines plutôt que de prendre un apprenti sur 2 années avec la charge financière occasionnée". Pour nuancer, Rémi Douat précise que "beaucoup d'entreprises clôturent leur exercice financier en juin" et pourraient donc se tourner vers l'apprentissage, plus tard dans l'année. 

Sony BERGER