La ville de Parthenay s'émancipe de la communauté de communes Parthenay-Gâtine en votant la démutualisation de certains services

Dans la continuité du conseil communautaire de Parthenay-Gâtine de jeudi dernier, les élus parthenaisiens ont abordé le sujet de la démutualisation de certains services entre la ville de Parthenay et l'intercommunalité. A l'occasion du conseil municipal, de ce lundi 21 septembre, ils ont voté pour cette autonomie.

"Notre collectivité est le fruit d'une histoire" commençait Jean-Michel Prieur, à l'heure d'évoquer le sujet de la démutualisation, en conseil municipal. La mutualisation des services remonte à 2016, deux ans après la création de la communauté de communes Parthenay-Gâtine. Jusqu’au dernières élections communautaires, le maire de Parthenay était aussi le président de la CCPG. La question d’une mutualisation n’était donc jamais arrivée jusqu’au vote comme ce lundi 21 septembre. Trois services sont concernés par cette démutualisation : finances, juridique et marché publics, Ressources Humaines et communication. 

Selon Jean-Michel Prieur, le maire de Parthenay, cette volonté d’offrir plus d’autonomie à la ville Parthenay n’est pas liée aux résultats des élections communautaires. "Ca fait plus d'un an maintenant que l'on réfléchit à la réorganisation des services" précisait Jean-Michel Prieur, quelques heures avant le conseil municipal. La ville souhaite en effet revoir son Projet d'Administration Globale. Derrière ce jargon interne, se cache la volonté de classer les services dans 4 pôles : Sécurité, Prévention et Solidarité, Gestion Urbaine et Attractivité, Citoyenneté et Service à l'usager, Ressources. C'est ce dernier qui est concerné par la démutualisation des services avec la CCPG. Conséquence, début juin, Jean-Michel Prieur a remis une lettre à Alexandre Martin, président de la communauté de communes Parthenay-Gâtine, pour l’informer de cette volonté. "Je ne suis pas en guerre, ni en opposition avec la CCPG" traduisait le premier élu.

Le maire de Parthenay a cité plusieurs exemples pour détailler les problèmes liés à la mutualisation, à commencer par la mise en place du budget de la ville ou pendant le Flip : "le service communication de la ville se mettait en retrait pour laisser la place à la CCPG".

33 emplois équivalent temps plein concernés

Actuellement, 33 personnes à temps plein travaillent pour la communauté de communes Parthenay-Gâtine et pour la ville de Parthenay. Si l'on reprend l’exemple du service communication, aujourd’hui, leur temps de travail est divisé à 50% entre l’intercommunalité et la ville. "Les coups seront identiques. Si aujourd'hui la ville paye 50%, elle reprendra à 50%. On ne veut que personne ne se sente lésé" précisait Jean-Michel Prieur. 

« L’impact sera minime » indiquait quant à lui Maxime Guichet, Directeur Général des Services. Pour le moment, pas de sommes annoncées tant que cette démutualisation n’est pas définitivement actée des deux côtés, "mais ça ne coûtera pas des milliers d’euros" , assure-t-il. Et les 200 000€ avancés par Philippe Albert,  chargé des finances de la CCPG, lors du dernier conseil communautaire ? « C’est irréaliste, c’est un manque de sérieux » assène Jean-Michel Prieur. À l'heure du conseil, Béatrice Largeau a émis quelques doutes sur le coût de cette démutualisation. "Pas pour la communication, a commencé la figure de l'opposition. Je suis entièrement d’accord. Par contre pour le pôle ressources, je trouve dommage qu'il y ait un peu de précipitation. On n’a pas mesuré les impacts financiers pour la ville et pour la CCPG. La démutualisation, ça va aussi coûter cher".  Les 7 élus d'oppositions ont tous vôté contre cette démutualisation. 

Côté timing, selon le maire de Parthenay, "il n’y a pas d’intérêt à perdre du temps". Légalement, un délai minimum de 6 mois doit être observé, à compter de la délibération d’hier soir. La refonte des services parthenaisiens en 4 pôles distincts va se mettre en place dès le mois de janvier. Suivra plus tard, le pôle Ressources, concerné par cette démutualisation.

Sony BERGER