L'association qui représente les chevriers des Deux-Sèvres tire la sonnette d'alarme. Le monde de l'élevage caprin est en danger. "Quand je me suis installée, en 2010, il y avait sept exploitants à Verruyes. Maintenant, je suis toute seule", déplore Tiana Fadat, éleveuse de chèvres et coprésidente du syndicat des chevriers deux-sévriens. Un constat d'autant plus remarquable quand l'on sait l'importance de l'élevage caprin dans le département. 150 000 chèvres sont élevées dans les Deux-Sèvres et la Nouvelle-Aquitaine est la première région en termes de production de lait.
Les élevages caprins se sont enfoncés dans la crise avec les fortes chaleurs
Le prix du lait ne permet pas à Tiana Fadat de se payer dignement après avoir réglé ses factures mensuelles et ses deux salariés. En cause : le prix du lait trop bas fixé par la coopérative. L'éleveuse, en été, vend son litre de lait à 0,85€. Cette situation dure, mais en ajoutant à cela les fortes chaleurs, c'en est trop pour elle et pour ses collègues dans le département.
"Cet été, c'est la première fois que je me suis demandée si j'allais tenir jusqu'à la retraite", dit l'éleveuse émue, devant ses 125 chèvres alpines. Dans cinq ou six ans, elle aura l'âge de la retraite. D'ici là, elle espère que le prix du lait va augmenter et que des aides étatiques seront versées. Du côté du gouvernement, la ministre de l'Agriculture doit annoncer quelles aides seront versées aux agriculteurs qui ont souffert des fortes chaleurs de l'été.
Alice LEJEUNE