20 janvier 2026
La maladie des bovins, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), inquiète les éleveurs de Parthenaises. La race aux 56 000 vaches est cajolée pour garder une génétique authentique. Mais qui dit abattage d'élevage en cas de dermatose, dit éradication d'un travail de longue haleine.
Le GAEC Babin appréhende la potentielle arrivée de la dermatose nodulaire contagieuse dans son cheptel de Parthenaises. Les belles vaches au trait d'eye-liner autour des yeux et à la robe unie sont élevées pour qu'elles gardent leurs caractéristiques originelles. Depuis près de cent ans, la famille Babin travaille à la bonne génétique de leurs vaches. Tout ce travail serait perdu si le troupeau était contaminé puis abattu, selon les mesures mises en place par le gouvernement.
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Lylian Babin, le père, est clair : "C'est impossible" de recomposer leur élevage tel qu'il est. Le problème réside dans le nombre d'individus. Encore une fois, cela paraît "impossible" à l'éleveur et président de France Parthenaise par manque de "bêtes sur le marché". L'agriculteur s'interroge sur la solution la plus appropriée pour allier l'élimination de la maladie et la préservation des élevages et de leurs éleveurs. Le coût est "financier et moral", insiste l'éleveur de Gâtine.
QUELLE SOLUTION ADOPTER CONTRE LA DERMATOSE ?
Faut-il privilégier la vaccination généralisée à l'abattage systémique des troupeaux contaminés ? C'est la question qui trotte dans la tête du représentant de la Parthenaise. "Si le gouvernement généralise la vaccination, oui, je vaccinerai le troupeau", assure-t-il. Mais, attention, à condition que l'exportation reste possible. "Si la France décide de généraliser la vaccination, elle perdra son statut "indemne" vis-à-vis de la DNC.", s'inquiète Lylian Babin. En conséquence, les exportations seraient mises en péril puisque la consommation de viande malade est interdite dans l'Union européenne.
Pour l'instant, la dermatose s'est répandue en Savoie, dans les Alpes, le Jura et le Sud-Ouest. Les recherches sur l'origine de cette maladie continuent. Ce jeudi 15 janvier, des vétérinaires et des parlementaires se sont réunis pour faire un point sur les connaissances scientifique actuelles concernant la dermatose nodulaire contagieuse. Barbara Dufour, vétérinaire, professeur émérite de maladies contagieuses et d’épidémiologie à l’école vétérinaire d’Alfort, était présente lors de cette réunion. Elle soutient l'abattage : "si l’on veut avoir une chance d’éradiquer cette maladie, dès qu’un animal présente des signes cliniques, il faut abattre l’ensemble du troupeau pour éviter la contamination autour", résume-t-elle.
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